• 2511: Commerce & Politique

    by  • 23 avril 2011 • An de Grâce 2511, La Campagne, Les Chroniques • 0 Comments

    L’enjeu commercial s’estompait désormais devant les nécessités d’éprouver les alliances. Trois années étaient passées depuis l’instauration des premières alliances et l’on arrivait au stade critique de leur renouvellement. Des choix cruciaux devaient s’opérer et ils décideraient de la solidité des camps respectifs.

    Les seigneurs de Zharr réitéraient leur engagement au côté des Comtes vampires. Une alliance était à nouveau scellée dans la cité interdite de Naggrund la maléfique. Quiconque se porterait de manière hostile sur le territoire de l’un des deux se verrait opposé un front commun des deux races. Il était certain que les Nains du chaos avaient besoin d’un allié pour prendre pied dans les montagnes du bord du Monde. Par ailleurs, les deux alliés convenaient d’une neutralisation du territoire bretonnien, offrant par là-même un sauf conduit aux hommes de l’ouest pour qu’ils n’interfèrent pas dans leurs affaires.

    Commerce

    Commerce

    Comme à leur habitude, les suppôts d’Hashut commerçaient tout azimut, mais leurs partenaires étaient désormais les seules races maléfiques et les rois des tombes. Là encore, l’heure n’était plus aux accointances.

    Nagash, en son repaire de plus en plus exposé de l’Abîme maudit, sollicitait son précieux allié Nain du chaos pour lui venir en aide dans sa lutte dans le sud face aux Néhékariens. Il en valait de la survie de son royaume, déjà menacé par les Rois des tombes sur ses frontières méridionales. Les vampires avaient besoin d’un allié sûr ; il pensait le trouver en envoyant une ambassade en Zharr Naggrund pour prolonger le pacte.

    Sans changement, les mort-vivants se montraient habiles dans leurs tractations commerciales, parvenant à écarter de la concurrence les fidèles du chaos et leurs alliés d’Hashut pour prolonger leur alliance commerciale avec le conseil des treize de Skarogne. Cela n’empêchait pas les comtes vampires de commercer avec leur allié, achetant principalement du bois. Mais les Bretonniens et les Impériaux furent aussi contactés et des épices de Copher désormais port bretonnien, furent expédiées en Nagashizzard. Du fer fut même vendu au royaume d’occident et il ne fallut pas d’ailleurs dépêcher des flottes pour couvrir les océans. Non, la transaction eut tout simplement lieu au pied même du Mont de Krell, assiégé par les armées du roi Louen…

    Le Chaos avait des préoccupations bien différentes dans le nord. Il ne lui fallait pas un allié pour défendre son sol, mais dans une optique bien plus agressive, pour remporter la bataille de Kislev face à l’Empire. Pourtant, il semblait s’éloigner de son allié nain du chaos dont il n’avait pu que constater l’incapacité à forcer la ligne naine dans les montagnes du bord du monde les années précédentes. Bien que l’alliance tenait toujours avec les comtes vampires, nains du chaos et les rois des tombes, le chaos semblait isolé pour ses conquêtes septentrionales. Il lui faudrait œuvrer autrement pour trouver un appui face aux Impériaux.

    Toutefois, le chaos n’en poursuivait pas moins ses échanges avec son allié orque dont il commençait sérieusement à lorgner sur les forteresses de bric et de broc.

    De leurs nécropoles éternelles, les rois de Néhékara envoyaient multiples ambassades à travers le Vieux monde pour consolider leurs alliances ou tout simplement sonder les intentions des ennemis potentiels. Face à la menace de la croisade bretonnienne en Arabie, Les rois des tombes poussèrent même le cynisme jusqu’à proposer un protectorat sur les Arabiens après les avoir fait mourir de faim et de torture sur les terres de Bel Aliad. Il ne va pas sans dire que les restes de l’émissaire desséché furent renvoyés par les Arabiens dans une jarre en terre cuite.

    Les alliés sont hésitants sur leurs engagements respectifs et toutes les nations se regardent en chien de faïence

    Pour la première fois depuis les débuts de cette guerre, les rois des tombes étaient l’objet de toutes les attentions. Jusqu’à présent, ils avaient plus ou moins préservé une relative neutralité, inclinant un peu plus à s’assurer des alliés auprès des forces du mal. Mais cette position était désormais difficilement tenable depuis l’attaque massive qu’ils avaient lancée l’année dernière contre leurs ennemis comtes vampires. Par là-même, ils s’annexaient les soutiens des Nains du chaos qui ne pouvaient pas abandonner leur allié. De rôle pivot, les Rois des tombes risquaient soudainement l’isolement, surtout que le vague allié chaotique était de moins en moins fiable et opérait à des manœuvres équivoques dans les savanes du sud. Il fallait rompre l’isolement. Il le fut de la plus spectaculaire des manières : une ambassade fut envoyée à Karaz-a-Karak et reçue par le haut roi nain. Une alliance de soutien offensif fut conclue et les ennemis désignés, sans véritablement se voiler, étaient les nains du chaos et les comtes vampires. Un second bloc se formait donc entre les deux races qui avaient les mêmes ennemis communs.

    En Karaz-a-Karak, l’aristocratie naine qui siégeait au Haut conseil du Roi s’activait fiévreusement dans les couloirs de la citadelle. Il semblait que diverses factions s’étaient constituées et que chacune œuvrait dans l’ombre pour obtenir gain de cause auprès du Roi. La politique d’expansion naine était à la croisée des chemins. Certains réclamaient un recentrage des conquêtes uniquement sur les anciennes citadelles naines et voyaient déjà comme une dispersion d’efforts inutiles les conquêtes tiléennes. Mais d’autres, plus audacieux, envisageaient un projet de conquête bien plus ambitieux encore. La difficulté était de savoir l’avenir à donner à l’alliance scellée avec les nations humaines depuis le début de cette guerre. L’Empire, qui était aux abois, avait convié ses alliés nains et bretonniens en Altdorf. Si les Bretonniens et les Impériaux semblaient parler d’une même voix dans la lutte à poursuivre contre le Chaos en Kislev, les émissaires nains paraissaient plus évasifs quant au renouvellement d’une alliance. L’empereur Karl-Franz Ier lui-même convoqua l’ambassade naine pour forcer la décision, mais les émissaires nains restèrent inflexibles, énonçant leurs bons sentiments à l’égard des hommes sans toutefois rien leur promettre. Les Impériaux restèrent perplexes.

    «- A tout bien considérer digne Empereur, rien ne s’oppose à ce que notre alliance soit reconduite dans les mois à venir. Rien ne presse »

    Ces paroles qui se voulaient rassurantes, l’émissaire nain Fungi Strinhir, les avaient déclamées mécaniquement, comme un texte appris par cœur pour une représentation en l’honneur de Grugni. Mais toute la noblesse et le haut commandement militaire présent dans la grande salle du volkshalle, la diète impériale, restait dubitative. Rien dans le timbre de la voix ni dans l’attitude de la délégation naine ne laissait envisager la sérénité. L’Empereur lui-même, de son trône au dais de velours rouge, balaya l’assistance d’un regard inquiet. Dans les rangs clairsemés de la noblesse de sang, les visages préféraient se détourner. Sous la vive lumière des grandes torches qui inondaient la coupole peinte aux armes des provinces impériales, les scribes et les clercs affairés à retranscrire les propos échangés ne relevaient même pas la tête. Durant un instant qui lui sembla une éternité, Karl-Frantz se sentit seul, abandonné des siens.

    Depuis des jours, les Nains semblaient louvoyer, là où jadis leur parole était précise et inflexible comme le diamant. N’avaient-ils pas les moyens d’assurer à leur vieil allié un soutien militaire dans le nord ? et si tel n’était pas le cas, lui, 112ème empereur depuis l’avènement de Sigmar, serait-il obligé de composer avec les seuls fielleux bretonniens ? Toutes ces réflexions tourbillonnèrent dans la tête de Karl-Frantz. Il ne vit même pas que la délégation naine s’inclina légèrement devant lui après avoir déposer au pied de son trône des trésors d’or et d’argent, signe de leur alliance millénaire.

    Il ne vit même pas la délégation se diriger vers les grandes portes à double battant que l’on appelait les « portes du peuple », tout cela sous le regard médusé de ses sujets. Mais il fut sorti de sa torpeur lorsqu’il vit Fungi Strinhir se retourner une dernière fois avant de franchir les portes et qu’il s’inclina une seconde fois avec une rare obséquiosité, là où la race naine employait habituellement la plus grande réserve. Etrange était cette lueur indéfinissable dans l’œil de l’ambassadeur nain.

    Cette situation ambiguë n’empêchaient pas les deux nations de commercer entre elles, les Nains achetant des reliures de Nuln alors que les Impériaux importaient de la célèbre bière du Troll. Mais les Nains commerçaient également avec le Chaos, leur achetant leur précieuse pierre d’acier. Enfin, les échanges allaient toujours bon train avec l’Arabie et les Elfes de Loren.

    Tous les peuples de l’Empire étaient désormais mobilisés pour alimenter les armées en campagne dans le nord. Premier exposé au déferlement du chaos, l’Empereur cherchait à consolider son alliance avec les peuples libres du Vieux monde, nains et bretonniens au premier rang. Les hésitations de Thorgrimm n’avaient rien de bien rassurantes et c’est auprès de la cour bretonnienne que Karl-Frantz souhaitait trouver un soutien stable. Le roi Louen, de son trône de Couronne, consentit à renouveler l’alliance en lui donnant même un tour plus défensif ; celui qui viendrait à agresser le territoire impérial ou bretonnien s’exposerait de facto à une mobilisation réciproque des deux armées humaines. C’était un moindre mal pour l’Empire.

    Avec sa seconde flotille commerciale coulée au printemps, les Impériaux étaient encore bien limités pour développer leur commerce. Quelques échanges seulement furent entrepris avec les Nains et les seigneurs vampires.

    Dans son palais de Couronne, le souverain bretonnien tentait de jouer les bons offices en rapprochant les Nains et Impériaux au cours de négociations qui semblaient se gripper. Mais ses émissaires envoyés sur Altdorf et notamment le baron de Du Mas ne parvenaient pas à faire entendre raison à l’ambassade naine. Cela n’empêchait pas toutefois la Bretonnie (et l’Empire) de conserver bonne entente avec les Nains. Finalement, une alliance défensive était signée entre l’Empire et la Bretonnie après le départ de l’ambassade naine. Les Nains l’apprenant, en furent d’ailleurs forts embarrassés.

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    Webmaster amateur de ce présent site, général en chef des armées du Chaos depuis plus de dix ans, et futur gagnant de cette grande campagne!

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